CONTEXTE ET JUSTIFICATION

Les enjeux démographiques, éducatifs et économiques qui fondent le projet SWEDD+.

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CONTEXTE ET JUSTIFICATION

Le Burkina Faso dispose d’une population à fort taux de croissance (2,9 % par an entre 2006-2019), à majorité jeune (77,9 % de la population a moins de 35 ans) et féminine (51,7 % de la population) contre seulement 3,35 % qui ont 65 ans ou plus (RGPH 2019). Cette situation se traduit par un rapport de dépendance d’environ 100 %. Selon l’Enquête multisectorielle continue (EMC 2018), cette population est relativement pauvre avec un taux de 36,2 % et rurale avec un taux de 44,6 %.

Au niveau de l’éducation, même si des avancées sont constatées au primaire et au post-primaire, l’on retient que les indicateurs sont caractérisés par de fortes inégalités et disparités entre les régions et le genre, notamment au secondaire.

La faible présence des filles est une réalité dans les lycées et collèges et varie au fur et à mesure que l’on progresse dans la scolarité. En effet, selon l’annuaire statistique de l’éducation nationale 2022/2023, si la parité entre les sexes du taux brut de scolarisation (TBS) est garantie au post-primaire (1,20), elle reste, par contre un défi majeur à relever au secondaire (0,92) en mettant plus l’accent sur la scolarisation et le maintien des filles à l’école.

En matière d’accès aux financements et selon la Stratégie nationale de la finance inclusive 2019-2023, les hommes ont un niveau d’inclusion financière plus élevé (64 %) par rapport aux femmes (57 %) qui étaient moins incluses dans le système formel de financement et plus dépendantes des canaux informels. En outre, les capacités financières des femmes et des jeunes filles à créer ou à renforcer leurs entreprises sont insuffisantes.

En ce qui concerne la situation de l’emploi et du sous-emploi, le taux de chômage au plan national est estimé à 7,1 % (RGPH 2019). Les femmes sont plus affectées (8,8 %) que les hommes (5,6 %). Quant au taux de la main d’œuvre potentielle combiné avec le taux de chômage, il s’élève à 24 %. Il est plus élevé chez les femmes (29,0 %) et les jeunes de 15-24 ans (39,5 %). L’un des facteurs qui explique cette situation est le faible accès à la formation et à l’enseignement techniques et professionnels. En effet, une bonne partie de la jeunesse notamment les jeunes filles et femmes vulnérables n’est ni dans l’emploi ni dans un programme d’éducation ou de formation.

Aussi, les hommes ont plus accès à la formation professionnelle que les femmes. Selon le rapport de l’étude réalisée en 2020 sur la situation des indicateurs de la jeunesse, de la formation professionnelle et l’emploi, 64,9 % d’hommes ont suivi une formation professionnelle contre 35,1 % de femmes. Pour ceux qui sont en train de suivre une formation professionnelle, 60,9 % sont des hommes contre 39,1 % de femmes. Pour ce qui est du milieu de résidence, 65,2 % des bénéficiaires d’une formation professionnelle vivent en milieu urbain. La situation est plus compliquée chez les jeunes filles et femmes en situation de vulnérabilité.

A ce jour, il existe seulement 31 centres de formation professionnelle de Burkina Suudù Bawdè avec une capacité de 5 400 places pour un besoin annuel de 110 000 demandeurs par an soit environ 5 % seulement des besoins qui sont couverts.

Au regard de ces difficultés, le Burkina Faso à l’instar des autres a élaboré ce nouveau projet dénommé SWEDD+ afin de faire face aux principaux défis notamment en matière de l’autonomisation de la femme et des filles, entre autres :

  • La promotion de la santé reproductive, maternelle, néonatale, infantile, des adolescents et nutrition (SRMNIAN) ;
  • La promotion de l’enseignement et la formation techniques et professionnels ;
  • L’emploi des jeunes filles et des femmes ;
  • La promotion de l’entreprenariat féminin et de l’inclusion financière.

Les actions de ce projet sont en cohérence avec le « Plan d’Action pour la Stabilisation et le Développement (PA-SD) » à travers son pilier 3 intitulé « refonder l’État et améliorer la gouvernance ». Le PA-SD vise entre autres à porter le taux d’accroissement annuel des effectifs de l’EFTP à 9 % et à former 50 000 emplois décents par an ; ce qui va contribuer à la consolidation de la dynamique du développement du capital humain et de l’amélioration de la production des secteurs porteurs pour l’économie.

Seulement 5 % des besoins annuels en formation professionnelle sont couverts au Burkina Faso.

Chiffres clés
8,8%
taux de chômage des femmes (5,6% pour les hommes)
35,1%
de femmes ayant suivi une formation professionnelle (contre 64,9% d’hommes)
57%
taux d’inclusion financière des femmes (64% pour les hommes)
31
centres de formation professionnelle Burkina Suudù Bawdè
4 défis prioritaires
Santé reproductive, maternelle, néonatale, infantile et nutrition (SRMNIAN)
Enseignement et formation techniques et professionnels
Emploi des jeunes filles et des femmes
Entreprenariat féminin et inclusion financière